Treks en tout genre

Hm, vous n’avez pas eu d’article la semaine dernière, je vous prie de m’en excuser mais j’ai passé quelques journées bien remplies à la montagne qui ne m’ont pas vraiment laissé le temps de m’asseoir et de travailler. Alors, résumons les épisodes que vous avez manqués.

Samedi 20, à Rishikesh, avec mon nouvel ami argentin Cristian, nous partons à l’ascension d’une montagne alentour. La vallée du Gange est entièrement entourée de monts en tout genre et nous avons choisi celui auquel nous voulions grimper simplement en en pointant un du doigt au hasard. On a étudié le terrain grâce à des cartes trouvées sur internet et “en avant Guingan” ! 1200m de dénivelé (quand même). Ceux qui me connaissent un peu savent mon traumatisme du Mercantour de septembre 2014 (encore aujourd’hui, c’est pénible d’en parler), alors les randonnées improvisées et sans entrainement, c’est toujours un sujet délicat pour moi. Mais cette fois-ci, j’en suis venue à bout et sans trop de peine. C’était dur mais pas impossible. Encouragée par les “Vamos mon amie” de Cris, les nombreuses pauses et un peu de musique en fond sonore, j’ai finalement atteint le sommet ! Comme j’étais heureuse (que ce soit fini) ! Et pouvoir admirer la vue était la plus belle des récompenses !

Ce jour là, je profite que Cris veuille encore grimper un peu pour m’installer à l’ombre d’un arbre clairement centenaire et méditer un peu. Après ce repos d’une petite heure, nous entamons la descente, simple au début, puis je sens mes guibolles me lâcher petit à petit, jusqu’à ce que chaque pas devienne vraiment très douloureux… Surtout qu’une fois que toute la montagne fût descendue, il a fallu encore que je me rende à mon hotel qui était au sommet de la colline d’en face… C’est les jambes coupées, et avec de la fièvre que j’arrive à l’hôtel, je me couche à 18h et me réveille à 9h le lendemain. La fièvre est retombée mais ma jambe gauche me fera mal pour encore quelques jours.

Rishikesh vue du ciel

De l’autre côté de la montagne

On est arrivé en haut !

On dirait que je vais bien mais je suis morte intérieurement

À l’hôtel, tout le monde discute des villes et paysages qu’il est allé explorer pas trop loin de Rishikesh. Un nom qui revient très souvent est “Dharamshala”. Tout le monde y est allé, et à force de demander autour de moi, je me dis que je devrais vraiment aller voir par moi-même. Je me renseigne sur les bus (14h de nuit) et décide de partir mardi 23. J’arriverai le 24 au petit matin et pourrai profiter de la ville directement. Nous décollons à 16h. Dans le bus je fais la connaissance de deux françaises et d’une allemande, se rendant également à Dharamsala. On discute un peu, on dîne ensemble durant une petit pause. Mais la qualité du bus laisse vraiment à désirer, il est parfaitement impossible de dormir, ou même de simplement se reposer. Je dois constamment me tenir au siège de devant pour ne pas m’envoler. Il n’y a pas de ceinture de sécurité pour me maintenir en place et les amortisseurs étant inexistants, je peux sentir chaque nid de poule ou mini-ralentisseur présent sur la route (et très nombreux en Inde). Pour diminuer la secousse, le conducteur tente de les prendre le plus lentement possible, ce qui l’oblige à piler violemment à l’approche de l’un deux et cela nous propulse à nouveau dans le fauteuil devant nous. Bref, après avoir tenté de dormir dans une position plus qu’étrange et dangereuse, je vois apparaître un espoir à l’aire suivante.

En effet alors que nous faisons une pause pipi, un second bus s’arrête, se rendant lui aussi à Dharamsala et semblant flambant neuf ! Les fauteuils ont l’air de qualité, les gens semblent heureux en descendant. J’en arrête un et lui demande si le bus est confortable. Il me répond qu’on sent un peu la route mais à peine, on peut allonger les fauteuils, et il y a l’AC. Ok c’est décidé, il me reste encore 7h de route, je change ! Ma camarade allemande suit mon chemin et nous abandonnons nos amies françaises qui pensent à leur budget et préfèrent être courageuses et endurer 7h de souffrance puis ne plus jamais y repenser (respect).

Je monte dans mon nouveau bus, achète un nouveau ticket et peux enfin dormir en toute sécurité jusqu’à mon point d’arrivée. Je ne vois même pas le temps passer et me réveille à McLeod Ganj fraîche et dispo (McLeod Ganj étant le “upper Dharamsala”). Je prends un taxi jusqu’à mon hôtel et m’endors paisiblement, bien au chaud dans mon lit.

Mais deux heures après, qui ne vois-je pas arriver ? Mes copines françaises, un peu sur les rotules de leur nuit dans le bus, qui avaient en fait réservé dans le même hôtel que moi. Nous passerons ces quelques jours ensemble, Alice, Marie et moi. Ça me fait plaisir de pouvoir parler français toute la journée et de ne pas avoir à chercher mes mots tout le temps, ça relaxe.

À Dharamsala, il y a deux choses qu’on m’a conseillé de faire : visiter la demeure du Dalaï-lama, et faire le trek du mont Triund. Je fais donc les deux. La 14ème réincarnation du Dalaï-lama (Tenzin Gyatso de son petit nom) a fui l’annexion chinoise en 1959. Encore aujourd’hui, de nombreux réfugiés tibétains arrivent à Dharamsala et sont accueillis par leur communauté et l’Etat indien qui leur apportent de l’aide. Le Dalaï-lama donne régulièrement des conférences et reçoit les réfugiés, mais pour nous, pas d’entretien possible. Dans sa demeure se trouve un temple que l’on peut visiter, avec des moines bouddhistes tibétains qui font des mandala (vous savez, ceux qu’ils font en sable pendant 100h puis qu’ils détruisent !). Il y a également un musée de l’histoire tibétaine, que les guides décrivent comme “vous arrachant les larmes”, mais malheureusement nous n’aurons pas pu pleurer tout notre saoul car le musée était fermé les deux fois où nous y sommes allées (fermé après 17h, fermé le dimanche…).

Ses rouleaux sont remplis de mantras, et en faire tourner un équivaux à avoir répété ses mantras soi même, très bon pour le karma donc.

Vendredi et samedi, nous décidons d’attaquer le Triund. Il faut emmener des vêtements chauds car nous passerons une nuit au campement à 2800m. Shaker, le gérant de notre hôtel propose de nous accompagner. Il rentre à Delhi dans quelques jours et regretterait de ne pas faire l’ascension. La montée est agréable, un peu pentue au démarrage mais ensuite nous rejoignons la route principale qui monte calmement jusqu’au sommet. Des petites échoppes ponctuent le trajet et nous nous arrêtons pour un pique-nique et chaï quand l’envie nous en prend.

Nous arrivons tôt au sommet et profitons du reste de l’après-midi pour faire un peu de yoga, de méditation, bouquiner. À la nuit tombée, le froid commence à se faire sentir et nous nous réfugions sous la tente. Je mets l’ambiance avec les rares morceaux boolywoodiens que je connais, ce qui amuse bien Shaker qui les connait par coeur. Alors que nous sortons nous aérer, un groupe d’étudiants indiens nous propose de nous joindre à eux. L’ambiance est festive et on ne regrette pas d’être venues. Les garçons se lancent dans une sorte de rap contender de chansons d’amour indiennes a cappella. C’est génial ! Ils ne sont pas intimidés le moins du monde. Chacun leur tour, ils chantent d’une belle voix des classiques indiens (enfin j’imagine).

C’est alors que Shaker s’avance vers l’un d’eux et lui dit que je connais des morceaux indiens moi aussi ! Heu… Attends une minute là, je vais pas me lancer toute seule a cappella dans un hindi plus qu’approximatif je vous le dis tout de suite. Mais pas du tout, ils vont tous m’accompagner ! On entonne alors le grand classique “kuh kuh hota hai” (merci papamaman pour les DVDs de bollywood qui trainaient à la maison) tous ensemble : un beau moment de chanson, je vous le dis !

On allait pas les laisser nous compter la sérénade comme ça, on a notre honneur de romantique français en jeu, alors avec Alice et Marie nous leur chantons du Céline Dion (si “pour que tu m’aime encore” ne parle pas à leur petit coeur je ne sais pas quoi faire).

Après cette superbe soirée, nous allons essayer de dormir, mais nos pieds gelés et l’altitude nous laissent dans un sommeil agité. Je me réveille avec une sale migraine (classique), qui me suivra jusqu’à notre retour à l’hôtel quelques heures plus tard. Je pourrais vous raconter notre descente plus que périlleuse mais je ne veux pas trop vous inquiéter, l’important est qu’on soit arrivées en une seule pièce, vous en conviendrez.

Je suis rentrée à Rishikesh lundi matin et ai retrouvé ma petite chambre et mon ashram, où je retourne chaque jour maintenant. Avec tout ça, j’ai quand même continué de dessiner et de lire (en ce moment, l’autobiographie de Nelson Mandela, je pourrais vous en parler mais il me faudrait encore trois pages rien que pour ça). Ma vie indienne va reprendre sa petite routine, je vais continuer à méditer et m’étirer à l’Ashram et trouver d’autres jolies balades à faire aux alentours.

Je vous embrasse bien. Merci à ceux qui lisent ces articles régulièrement, ça me touche tous vos gentils retours !

 

1 Comment:

  • Simone / Répondre

    Magnifique reportage !! Bravo pour ton courage et ta force …physique et morale!
    Superbes paysages , très “exotiques” pour moi.
    Continue à bien découvrir et profiter de cette nouvelle expérience . Gros bisous.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *