Interview de Marine Dechaux, marraine du projet

Lorraine : Bonjour Marine, peux-tu pour commencer nous parler de ta formation et de ton parcours professionnel ?

Marine : Je n’ai pas une formation à proprement parler dans le jouet, j’ai une formation plus axée commerce, avec un BTS de management des unitées commerciales. J’ai ensuite fait l’ESUV, l’Ecole Supérieure des Industries du Vêtement, qui nous apprenait tous les métiers de la mode, des achats à la logisitique, du contrôle qualité à la création d’un vêtement. Après, je me suis spécialisée dans l’enfant, toujours dans un domaine lié aux vêtements et j’ai travaillé chez Leclerc en grande distribution, pour qui j’assurais le développement de la collection.

J’ai encore travaillé quelques années dans ce domaine, dans d’autres entreprises (Sergent Major et Du Pareil Au Même). Toutes ces expériences m’ont amenée à élaborer des produits de A à Z, ce qui me permettra de te conseiller lors de la création de ton outil éducatif.

En 2015, avec Laurène Guyot-Pinon, une ancienne camarade de l’ESUV, nous avons lancé Plumeti, une entreprise de e-commerce spécialisée dans le cadeau de naissance, qui aujourd’hui vise une clientèle plus large et propose des produits pour des nouveaux-nés ainsi que pour des enfants un peu plus grands.

L : Au vu de ce parcours, comment penses-tu pouvoir m’aider dans la création de mon projet Mnémosyne ?

M :Comme je le disais, j’ai l’habitude de porter des projets du début à la fin, des premiers instants de la conception jusqu’à la commercialisation. Pour Mnémosyne, je serai à même de te conseiller et pourquoi pas, à terme, de t’orienter vers les bons investisseurs et designers spécialistes du jeu pour enfants que j’ai rencontrés au cours des dernières années dans l’aventure Plumeti.

Également, chez Plumeti nous avons à coeur de proposer des jouets qui ont du sens. Nous aimons travailler avec des produits en bois, ou qui mobilisent la motricité fine, qui peuvent avoir plusieurs utilités. Ton projet s’insère exactement dans ce type de demande.

Enfin en tant que maman, je suis aussi à même de te donner mon ressenti sur la cible  potentielle de ton produit. Les parents ressentent souvent des doutes et des inquiétudes en ce qui concerne les objets qui croiseront la route de leur enfant. Je peux te conseiller pour comprendre leurs attentes.

L :Aujourd’hui je te présente la première version de mon projet, toute fraîche sortie de chez l’imprimeur. Quels sont tes premiers ressentis ?

M : Premièrement je trouve ça très bien réfléchi et designé. J’aime les pictogrammes simples que tu utilises pour illustrer chaque mot, en noir et blanc, je pense que sera très efficace auprès des enfants, c’est clair, on comprend le sens de chaque dessin en un coup d’oeil. Il y a un côté très ludique avec les couleurs. Elle sont impactantes, se répondent bien les unes les autres. Le format est bon, les cartes tiennent bien dans la main.

Après, pour ma part, ayant un enfant qui est justement à l’âge de l’apprentissage de la lecture et des mathématiques, j’émets des réserves sur ta cible. Ce projet ne s’adresse-t-il pas à des enfants plus âgés qui ont déjà fait ce travail d’apprentissage et à qui ton jeu apporterait un complément. Et qui en plus auraient peut-être la maturité pour appréhender ton outil. Il y a quand même une démarche lourde dans ton projet. Le pré-requis d’apprendre cette série de 100 mots ouvre sur un univers très intéressant mais pour un enfant dont le capital d’attention n’est que de 10 minutes, il est sans doute un peu lourd. Je pense qu’il faut un vrai amour des mots et des nombres pour s’y plonger pleinement. C’est pour ça qu’à mon avis, ton projet est fait pour des enfants plus âgés.

En tout cas, en tant que parent, je me dirais: “je ne vais pas embrouiller Mathieu (mon fils) avec ça pour l’instant; je vais d’abord m’assurer qu’il apprenne bien le langage, les chiffres, etc. et après je pourrais corser le truc”.

L : C’est vrai que j’étais partie du principe que c’était plus intéressant justement d’apprendre tout en même temps, pour multiplier justement les sensations au moment même de l’apprentissage.

M : Peut-être que je me trompe, il serait intéressant de poser la question à des orthophonistes. Je pourrais être étonnée de voir que Mathieu comprend beaucoup mieux avec ton système… mais j’aurais peur que ça l’embrouille.

Je me fais aussi la réflexion que ce projet serait peut-être plus adapté à des enfants surdoués, ou à des enfants qui ont des difficultés de langage, ça pourrait être une piste. Tu pourrais le présenter à des psychomotriciens qui seraient à même de te conseiller sur ce sujet.

L : On n’a pas encore parlé de la deuxième partie de Mnémosyne, le livret avec des histoires écrites en s’appuyant sur le code chiffre-son pour illustrer des séries de chiffres, qu’en penses-tu ?

M : Je trouve ça très sympa, cette idée d’histoire t’ouvre tout un champ des possibles. Ça étaye ton projet et lui donne un vrai sens. Te dire qu’une fois que tu t’es familiarisé avec ce code, tu peux poursuivre tout ça, et lors d’un moment plus de détente que vraiment d’apprentissage pur, où tu mets en application ce que tu as appris, c’est une bonne idée. Ça permet également de créer un beau moment entre parents et enfant.

L : Merci beaucoup pour ton temps et tes conseils Marine. Un mot pour conclure ?

M : Je trouve que c’est une super idée, que tu as très bien développée, je mets juste pour l’instant un bémol sur l’âge. À toi d’en discuter avec les bonnes personnes pour cibler au mieux. J’ai hâte de voir comment cela va évoluer !

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