Piscine, vélo, et belle rencontre

J’entre à présent dans ma sixième semaine marocaine (elle est même pas mal avancée). Elle marque le retour de Khadija et ma sortie de la cuisine, en tout cas en partie. J’ai nourri les trois clients du Riad ainsi que la famille d’Anne Gaëlle et Olivier la semaine passée. Encore une flopée de recettes à ajouter à mon dîner presque parfait. Et quelques ratages au niveau d’un pain paléo ou d’un dessert…  

J’ai profité de la semaine dernière et du calme relatif dans lequel nous étions depuis la fin du stage de yoga pour me remettre en forme. Je nage mon kilomètre tous les jours, voir 1,5 km quand j’ai le courage, ce qui me fait le plus grand bien ! Jour de repos sportif également puisque je suis allée samedi dernier jusqu’à Sidi Kaouki à vélo en suivant la piste qui part du Riad (une piste pas cyclable pour un sous, plutôt une piste 4×4, pleine de cailloux pointus et de poussière), 25 km aller-retour pour profiter de la plage et d’une délicieuse daurade grillée et salade de poulpe au déjeuner, un régal ! Le tout avec vue sur la mer à l’ombre d’une terrasse maritime, arrosé d’un cocktail de fruits frais, un chien lascivement couché à mes pieds.

Ma salade de poulpe, j’ai mangé ma daurade trop vite vous pourrez pas la voir…

Vu sur la mer depuis la mouette et le draumadaire

Mardi, après mon sport aquatique, j’ai eu le plaisir de pouvoir transpirer dans le hammam et de me faire laver au savon noir et gommer au gant de crin. On devrait fournir ce genre de service dans toutes les piscines dignes de ce nom ! J’ai également profité d’un temps calme dans la journée pour repriser deux robes qui avait mal supporté le début de l’été et était déchirées ou décousues.

Je teste une recette bien de chez nous, un Okonomiyaki (omelette au chou avec une sauce ketchup maison, un régal)

Les enfants ont repris le chemin de l’école en début de semaine, ce qui m’a fait prendre conscience que c’était la première année depuis 23 ans que je ne faisais pas moi-même ma rentrée… La maison est beaucoup plus calme dans la journée : les hommes sont au jardin pendant que les femmes sont au frais à l’intérieur, mais où qu’on soit, on est tous bien occupés. Faire vivre ce Riad, c’est un travail de tous les instants : cuisine, ménage, mail, désherbage, arrosage, entretien de la piscine etc. Anne se donne corps et âme pour que personne ne manque de rien, que les repas soit variés et équilibrés et que l’espace à vivre soit agréable et propre.

Notre souci depuis trois jours, qui ajoute à notre peine, est une coupure de Wifi. Elle paralyse un peu le système. Rien de  nouveau sous le soleil, il faut se battre au téléphone, puis en direct avec les télécoms… On a bon espoir qu’il remarche d’ici la fin de la semaine.

Lundi, en fin de journée nous marchons jusqu’à Ghazoua (prononcer Razoua), avec Françoise et Jean-Jacques qui séjournent chez nous, ainsi qu’Anne-Gaëlle, Oliver et leur fils aîné Quentin pour rendre visite à un ami et voisin : Michel Vu. J’avais déjà eu la chance de le rencontrer lors du dîner de rupture du jeûne et avais envie d’entendre plus de ses anecdotes dont il nous avait régalé.

Il n’apprécierait peut-être pas que je les raconte toutes ici alors je m’abstiendrai mais je peux vous décrire un peu son parcours atypique. C’est un artiste plasticien qui vivait à Saint Paul de Vence dans les années 50-60. Il parle de cette époque comme d’un temps béni, après la guerre où chaque jour était une fête, où il jouait au carte avec Yves Montant et Audiard sur la terrasse de la Colombe d’or, fréquentait Picasso et Chagall et vivait chichement dans sa maison familiale, son père étant lui aussi artiste et lui ayant transmis sa passion. Suite à un événement douloureux, il quitta la France pour venir s’installer au Maroc, à Ghazoua, il y de ça 44 ans, le 1er janvier 1974 précisément. La vie ici était bien différente de celle du sud de la France, une vie d’ascète, simple, calme, sans électricité. Il y trouva une nouvelle inspiration pour créer ses oeuvres et ne quitta plus jamais ce pays, sauf pour quelques voyages.

Ici une vidéo de lui avec son père et sa mère, entouré de Jacques Prévert, sa femme et sa fille (qui lui était promise, un temps).

Aujourd’hui, il reçoit chez lui les amis et gens de passage qui viennent apprécier la beauté de son jardin d’aloe vera, avec lesquels il confectionne une gamme de produits cosmétiques et alimentaires, bio. Autour d’un thé, il nous fait goûter quelques mignardises de sa confection : bouchées à l’amande ou à la mandarine enrobées de chocolat noir, ou pâte d’amande maison. En même temps il nous régale des histoires qui ont marqué sa vie. Il partage avec une générosité prodigieuse ses souvenirs et son expérience. Plein de conseils pour nous, la nouvelle génération, sur comment ménager notre monture pour voyager loin. Pour finir, il nous montre également son travail plastique, peintures d’animaux et sculptures en bois de thuya.

Il cherchait quelqu’un pour créer un site de e-commerce pour ses produits ! Ni une ni deux je me suis proposée, mais j’ai peur de ne pas avoir le temps avec mon départ prévu pour dans 10 jours et notre coupure de wifi… C’est vraiment dommage… Il faut que nous trouvions une solution car ce serait un honneur de travailler pour un homme de sa trempe.

Ombre chinoise sur le Riad (avec Venus qui brille déjà)

Je dis départ dans 10 jours car oui, j’ai enfin trouvé ce que je vais faire de ma dernière semaine marocaine. Je vais quitter en avance mon workaway pour partir à l’Âne vert, à Tafedna, ou j’aurais du être basée initialement, avant l’annulation impromptue trois jours avant le départ. Je ne garde pas de rancoeur et je voulais connaître ce lieu alors j’y logerai ma dernière semaine pour profiter d’un peu de calme, rencontrer de nouvelles têtes, méditer au bord de l’océan, apprécier quelques couchers de soleil sur l’eau, ce genre de petits plaisirs. Anne a gentiment proposé que je dorme une dernière nuit au Riad la veille de mon vol pour leur raconter mon escapade.

Ces derniers jours vont filer à toute allure et puis ce sera l’escale parisienne avant l’Inde dans un mois ! Mais chaque chose en son temps…

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