Déjà deux semaines

Deux semaines déjà se sont écoulées aux Deux Mondes, c’est étrange parce que j’ai l’impression d’être là depuis beaucoup plus longtemps. Sans doute est-ce mon jeûne qui fait se ralentir le temps. Depuis mes derniers écrits, j’ai été pas mal occupée.

Durant les premiers jours de la semaine dernière, j’ai continué mon rythme de travail. Levée tôt, préparation du petit déjeuner, service tout en mettant en place la descente alimentaire du jeûne pendant les repas, comme je l’ai dit dans mon article précédent : supprimer les protéines, puis les féculents, les légumineuse, pour finir avec uniquement des fruits et des légumes. Je ne vais pas vous détailler mon expérience tout de suite, je prépare un article spécialement tourné sur ma semaine de diète.

Quand je travaille le matin, le soleil se lève sur le second Riad qui se reflète dans la piscine encore à l’ombre

J’ai surtout profité de mes après-midi libres en début de semaine pour parfaire mon bronzage. Je pars de très loin, alors je m’y attèle avec assiduité. Je slalome entre les coups de soleil et tout se passait plutôt bien jusqu’à que je me retourne sur la face B et que mon dos reçoive ses premiers rayons de l’été, aux alentours de 13h… C’était il y a six jours et je suis dans la phase “pelage” à présent.

Mais à partir de mercredi, le rythme a quelque peu changé. Je fais encore un peu de service le matin mais j’ai un trou de 10h à 14h pour le repos avant de rentrer en cuisine avec Radija pour apprendre plein de recettes ! Tajine de légumes, couscous, pancake au petit épeautre et sarrasin, soupe de courge au lait de coco et curry, barre de céréales maison aux dattes et noix… Tant de bonnes choses que je vais pouvoir refaire en rentrant ! Cela me permet de faire une balade au souk d’Ida Ougourd puis dans la campagne marocaine (mais je n’avais plus de batterie pour immortaliser tout ça, heureusement j’y suis retournée avec mon groupe de jeûne aujourd’hui alors j’ai pu me rattraper.

Les épices à tajine : Mélange tajine, poivre, gingembre, curcuma, sel et paprika

Mon premier Tajine !

Ne fais-je pas cela avec une grâce quasi surnaturelle ?

 

En fin d’après-midi, Leila m’invite désormais à ses cours de yoga. C’est un pur moment de paix. On s’étire, on fait des poses et de la méditation guidée, une heure ou une heure trente. Je me mets dans l’idée que je vais très bien supporter deux cours de yoga par jour en Inde, ça me donne encore davantage hâte d’entamer la deuxième partie de ce voyage.

La semaine a filé à ce rythme. Samedi, le premier de mes six jours de repos, Daniel et Marie, qui séjournent avec nous depuis deux semaines, me proposent de les accompagner dans une journée balade en 4×4 à travers la région. Ils ont une place en plus dans leur voiture. Super expérience, on a fait 150 kilomètres avec un guide qui a pris le temps de nous expliquer tout ce que nous voyions. Nous visitons une oasis rendue possible par la création d’un barrage alimentant toute la région d’Essaouira en électricité. Les palmiers y poussent en toute liberté et des fermiers y ont planté leur potager. C’est un vrai bol d’eau fraîche pour les habitants de la région car le coin est assez aride. Ne poussent que les arganiers et quelques oliviers qui n’ont même pas assez d’eau pour faire des fruits.

Vu sur une vallée dans l’arrière pays. Il fait déjà très chaud, on voit les brumes de chaleur au loin

Le barrage Zerrar

L’oasis et son champs de courge en tout genre

Vaches à l’ombre des palmiers

Un bel arganier et ses fruits jaunes bien reconnaissable

Une forêt d’arganiers

Nous poursuivons vers un souk traditionnel berbère mais arrivons après la bataille. Il est midi passé et les exposants remballent pour ne pas abimer leur marchandise au soleil. Seuls quelques marchands sont encore là : un vendeur de poussins, des barbiers, quelques échoppes de bazar en tout genre. À l’entrée du village se trouvent les ruines d’une kasbah datant du début du XIXème siècle. Nous bravons la chaleur accablante du soleil à son zénith pour visiter les lieux abandonnés. La kasbah, c’est le palais du caïd. Le guide nous explique que celui-ci était le tyran local et qu’il avait droit de vie ou de mort sur tout le village, pouvait laisser mourir de faim dans ses geôles un homme qui n’aurait pas voulu lui offrir sa femme et se servait abondamment dans les récoltes de son domaine. Durant la colonisation, ils ont aidé à maintenir les populations et à asseoir la domination occidentale en étant un relais dans les campagnes. À l’indépendance, ils ont fuit en Europe.

Les poussins vendus au souk (en règles général, amis des animaux et coeurs sensibles s’abstenir au marché)

La Kasbah vu d’en bas

Il n’avait pas choisi ce lieu par hasard, il surplombe toute la vallée

Dans sa demeure, on peut voir les bases en bois de la maison et le reste d’un carrelage. Il nous explique aussi que les habitants du coin sont venu piller les lieux à la recherche d’or et de pierres de construction de très grande qualité qu’ils peuvent revendre jusqu’à 15 euros pièce (une fortune). Certains marabouts se sont rendu célèbres en prétendant pouvoir guider les recherches vers l’or et les bijoux du caïd. Les trous dans les murs en témoignent.

Un trou percé par des chercheurs d’or


 

Notre route se poursuit jusqu’à une mine de sel. Impressionnant de voir les hommes travailler sous la chaleur accablante d’une journée d’août à pelleter des kilos et de kilos de cristaux blancs. Un ouvrier vient nous expliquer le fonctionnement des bassins et de l’extraction. Ce n’est pas de l’eau de mer qui est mise au soleil, une pompe puise l’eau en sous sol qui est salé par le contact avec des pierres remplies de cristaux de sel.

Les bassins des mines de sel

Toujours plus de bassins

Un océan de sel

Et une vague de sel

Des sacs prêts à être vendus

Notre guide/ouvrier nous offre un peu de sel de sa montagne

Les hommes travaillent par 45 degrés au soleil

Nous roulons encore un peu jusqu’à une plage à proximité des cascades de Sidi Mbarek. C’est un coin de je connais bien. Je m’y suis baladée deux années de suite durant nos escapades à Essaouira avec Clémence et les copains. J’adore ce lieu, nous y retournons jeudi avec les jeûneuses et j’irai sans doute y faire une grande balade en solo avant la fin de mon séjour. C’est un des plus beaux endroits que j’aie pu voir de ma vie. Nous avançons sur les dunes mais nous sommes un peu fatigués, alors nous ne nous aventurons pas à descendre jusqu’à la plage. Nous rentrons tranquillement à la maison en traversant le village de Sidi Kaouki, domaine des surfeurs.

 

Nous avons fait ensuite des balades dimanche et mardi mais vous aurez tous les détails dans l’article sur le jeûne.

En tout cas, il fait toujours très bon vivre aux deux mondes et je profite de ma semaine de repos pour me préparer psychologiquement à ce qui va suivre : à partir de dimanche, je deviens officiellement la cuisinière de la maison. Radija part fêter l’Aïd avec sa famille et le Riad accueille un stage de Yoga avec 16 participants qui vont tous bien manger soir et matin. Il va falloir que j’assure au niveau recettes healthy mais mes cours de la semaine passée vont bien m’aider ! Souhaitez-moi bonne chance pour ce nouveau défi !

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