Découverte des Deux Mondes

Cela fait maintenant sept jours que je suis arrivée aux deux mondes, un lieu hors du temps. L’établissement est bâti sur une grande propriété à quelques kilomètres d’Essaouira. Il se compose de deux Riads d’un rose doux qui contraste avec le bleu du ciel et de la piscine et le vert de la végétation du jardin. Il y a une harmonie délicieuse dans toutes ces nuances. En plus des deux bâtiments principaux, il y a deux annexes, l’une faisant office de chambres à coucher, l’autre étant un espace bien-être avec hammam, sauna et salle de massage. Au centre de la propriété une piscine fait le pont entre les deux mondes.

 

Le second Riad, avec la piscine bien en vue

Anne-Gaëlle et sa famille, faisant tourner la boutique, habitent le premier Riad, le second est composé de 9 chambres et d’une salle de yoga. C’est initialement un riche marocain qui a fait construire ce lieu pour ses enfants, leur offrant de devenir gérants d’un hôtel. Mais les rêves des parents n’étant que rarement ceux de leurs enfants, ceux-ci ont suivi leur propre route et permis à Anne-Gaëlle et Olivier de louer ce lieu pour en faire la chambre d’hôte de leurs rêves.

On y mange bien, on y vit bien, on prend soin de soi et de sa santé. La rythme de vie y est réglé par le savoir-faire de notre hôte en termes de naturopathie. Les repas sont sains, sans sucre, sans gluten, sans beurre, sans lait de vache mais de façon surprenante (ou pas d’ailleurs) tous excellents ! Je me régale à ne manger que très peu de viande, un peu de poulet et de poisson, et énormément de légumes. Ici les produits raffinés sont bannis. Pas de petits gâteaux, encore moins de bonbons ou que sais-je dans les placards. Que du “fait maison”, et si les récoltes le permettent, avec les délices du potager, s’il vous plaît !

L’espace bien être construit par Anne-Gaëlle et Olivier

Le jardin, et la petite cabane de jeux des enfants

Le seconde Riad vu de dos, depuis le jardin potager

Le poulailler (visez-moi ce style) !

L’immense jardin potager, Olivier y pratique la permaculture.

C’est dans ce cadre que j’ai commencé mardi dernier mon workaway. Pour que le séjour des clients se passe au mieux, un tas de petites mains, dont les miennes à présent, oeuvrent dans l’ombre. La journée commence par un petit déjeuner servi en buffet que je prépare avec Anne-Gaëlle et Radicha (la cuisinière en chef) : gâteaux, crêpes ou pancakes, fruits frais, miel, amlou (un mélange de purée d’amandes et d’huile d’argan, descendu directement du ciel sous nos langues, je vous l’assure). Toutes ces bonnes choses préparées de nos blanches mains. Je commence mon service à 7h30 pour avoir tout préparé avant 8h30. Je m’occupe ensuite durant les heures qui suivent de vérifier que personne ne manque de rien, de débarrasser et de faire de la vaisselle.

Nous servons les clients dans le second Riad, ce qui nous oblige à faire un certain nombre d’aller-retours depuis la cuisine, plateaux lourds en main. J’ai bien prévu d’en profiter pour muscler mes petits bras faiblichons. Ensuite le programme de ma journée va varier selon les demande des clients. Si certains déjeunent, je devrai refaire un peu de service entre 13h et 14h, sinon je peux aider en cuisine jusqu’a 13h et me reposer dans l’après-midi. Quand les clients dînent ici, la valse des plateaux recommence et nous servons un buffet salé vers 19h30.

Globalement je mets beaucoup les mains à la pâte ! J’étends du linge, je plie du linge, je lave du linge, je lave la vaisselle, j’essuie la vaisselle, je range la vaisselle. Je coupe aussi les légumes pour les salades ou les tajines (j’observe Radicha à l’oeuvre et je note tout mentalement pour devenir la pro de la cuisine healthy/marocaine).

La cuisine où je travaille, dans le premier Riad

Stock d’oranges et de citrons

En ce qui concerne mes activités des heures creuses, je les passe principalement à lire. En ce moment “le dernier des justes”, une lecture magnifique mais douloureuse. Quand je me sens un peu trop bien ou un peu trop heureuse : Hop ! Je sors mon André Schwartz-Bart et ça me remet les pendules à l’heure. Je peux également buller au bord de la piscine, plaisir qui m’était impossible les premiers jours car un mystérieux temps breton s’était invité dans le ciel Souiri. Au réveil, un léger crachin rendait l’atmosphère lourde et chargée d’humidité. Heureusement après quelques jours celui-ci est retourné d’où il venait et nous profitons maintenant d’un temps d’été, chaud et sec, rafraîchi d’un vent marin.

Le fameux temps breton…

Je lézarde donc dans l’après-midi sur un transat, un bon livre en main. Quand la chaleur devient insoutenable, je m’éclipse dans un hamac à l’ombre. Tisanes, jus de légume ou de fruits frais sont à disposition quand la soif nous prend. Les après-midi sont paisibles.

Quand le soir approche, nous installons notre dîner dehors et mangeons “à la fraîche”. Les premières étoiles apparaissent alors que nous buvons une tisane (servie au litre ici, comme à la maison, dans d’immenses pichets).

Nul doute que les six prochaines semaines vont être réparatrices : du travail sans excès, du repos, des repas nature.

À partir de samedi prochain je me suis lancé un défi : suivre la semaine de jeûne organisée par les deux mondes ! Deux fois par an sont organisées des retraites de jeûne en groupe, où aucun aliment solide n’est ingéré durant sept jours. Juste un bouillon le soir est pris ensemble pour discuter des impressions du séjour. Chaque matinée nous partirons en balade pour deux ou trois heures, les après-midi seront consacrées au repos le plus total. Ce jeûne est censé être un grand lavage pour le corps, une élimination des toxines, ne me faire que du bien. Étant une grande mangeuse, j’attends de voir quand la folie va me frapper et que je verrai des poulets danser dans mes rêves. Mais je pourrais aussi me surprendre… En tout cas, on se prépare sept jours avant en supprimant progressivement les protéines, puis les féculents, jusqu’à ne manger que des légumes ou des fruits. J’en suis à la phase : plus de viande ! À partir de demain, plus de poisson non plus et jeudi, plus que des fruits !

Il y aura encore beaucoup à dire sur cet endroit, le jardin potager, la faune (brace yourself) et la flore, le compost, le poulailler (mes meilleures copines), les balades à la plage, et tant de choses que je vous décrirai ultérieurement. Il fait chaud, alors je vais retourner à mes longueurs.

PS : J’ai trouvé une solution pour mes photos comme vous avez pu le remarquer ! Merci à Leila de m’avoir laissé utiliser son ordi !

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